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Poussée de fièvre dans le gaz de schiste.

Cette alerte en Périgord témoigne de ce qui se prépare partout. On ne parle plus de fissuration hydraulique, mais cela revient au même. La vigilance est nécessaire.

Pierre.

 

Après l’annonce par le gouvernement de l’annulation de trois permis d’exploration et d’exploitation des gaz et huiles de schiste dans le sud-est de la France l’été dernier, l’activité des collectifs contre le gaz de schiste s’était apaisée et la majorité des français pensait que cette affaire était définitivement classée.

La délivrance récente de 14 nouveaux permis a mis le feu aux poudres et instantanément relancé la mobilisation. Ainsi beaucoup d’événements se sont bousculés fin de semaine dernière. Notre association a sonné l’alarme en apprenant par le canal des Amis de la Terre de Toulouse que le permis de Cahors était définitivement instruit et qu’il était en attente au ministère. De ce fait il pouvait être signé à tout moment par le ministre.

L’information est rapidement remontée au niveau des élus régionaux députés et sénateurs. FR3 s’est saisi de l’événement. Un reportage fut diffusé aux informations régionales du vendredi 4 mai et le Quotidien Sud Ouest s’est largement fait l’écho de ces événements. C’est dans ce contexte que François Hollande, de passage à Périgueux le jour même, s’est engagé à ouvrir un débat national sur le thème des gaz de schiste et du nucléaire. Nous savons ce que valent les promesses en période électorale. Nous serons donc très attentifs au respect de cet engagement.

Jérôme Peyrat ancien conseiller de l’ex-ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogé par Sud-Ouest s’est voulu rassurant en indiquant que : « Certes, l’administration interne a instruit positivement ce permis (de Cahors), mais celui-ci n’est pas donné et il ne le sera jamais. Je n’imagine pas une seconde François Fillon donner son accord. Je viens d’avoir Matignon, on me l’a confirmé. Il ne faut pas s’affoler. »

Outre que son intervention confirmait bien la validité des faits il eut l’effet inverse de celui qui était recherché. Un permis pourrait donc être instruit positivement alors même qu’il indique implicitement que le pétitionnaire recourra à la fracturation hydraulique interdite par la loi du 13 juillet 2011. Cette loi mal rédigée laisse manifestement la porte ouverte à tous les contournements.

Que relève-t-on à la page 14 de ce fameux permis de Cahors sur les techniques d’extraction utilisées : « Pour produire du gaz de schiste il est important de briser les argiles saturées qui le contiennent à l’aide de jet d’eau sous pression et lorsque cette eau remonte à la surface, il faut alors la débarrasser des ions pollués qu’elle renferme ». Ainsi, suffit-il de remplacer les mots qui fâchent de « fracturation hydraulique » par « jet d’eau sous pression » pour qu’un permis franchisse sans encombre les différents services de l’administration, qu’il soit conforme à la loi et donc acceptable.

L’adoption ou le rejet d’un permis non conventionnel ne repose donc pas sur la loi mais sur l’appréciation d’un ministre et de ses conseillers du corps des mines qui poussent depuis le début en faveur de l’exploitation du gaz de schiste.

Dans le même article, M. Peyrat ajoute : « en plus, chez nous, nous sommes sur une zone protégée, classée, dont il est inconcevable que de telles installations industrielles puissent voir le jour sur nos sols. » En d’autres termes si c’est dans le jardin d’à côté… tout ne va pas si mal.

Tout le monde admettra que c’est effectivement inconcevable mais, hélas, tout à fait possible. A cet égard, le Code minier est clair, il prime sur tout autre Code. Les protections s’appliquent à la surface mais en aucun cas au sous-sol. Toute la jurisprudence va dans ce sens. De plus, que les derricks soient installés à quelques kilomètres des sites ne met en aucun cas les nappes phréatiques à l’abri d’un empoisonnement. A moins qu’à l’instar du nuage de Tchernobyl les eaux souterraines susceptibles d’être polluées se détournent naturellement à l’approche des zones protégées.

Contrairement au gaz, l’eau est vitale. Elle doit rester une priorité.

Les bonnes paroles ne nous rassurent pas. Seuls les rejets des demandes du permis de Cahors et du permis de Beaumont-de-Lomagne, sécuriseraient vraiment le Périgord, le Quercy et au-delà.

Pendant ce temps, sur le terrain, les prises de conscience du danger s’expriment

Samedi 5 mai, dans l’après-midi, sur la commune de Sainte-Nathalène, une banderole « non au gaz de schiste » était installée. La pluie torrentielle qui s’est abattue au moment de l’installation n’a pas découragé ce groupe de voisins, soutenus par leurs élus. La banderole installée en bordure de route a été solidement implantée en un tour de main. Une trentaine de personnes se sont ensuite retrouvées, comme le veut la tradition en Périgord, autour du verre de l’amitié. Ce fut l’occasion de faire le point sur l’évolution de la situation et la volonté renouvelée que le gaz de schiste ne passerait pas, ni ici, ni ailleurs.

( Copie de mail de Pierre Péguin dont je figure sur la liste de diffusion ).

5 mai 2012 : le dernier réacteur nucléaire éteint au Japon.

L’article sur Médiapart.

Vidéo témoignage d’une antinucléaire de Bollène.

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Nouvel incident à la centrale de Tricastin.

En date du 16 février dernier…l’article ici.

(Après une absence de quelques semaines, je n’ai rien trouvé de pire que la menace nucléaire pour reprendre le fil. )

Rien n’est terminé hélas à Fukushima, et malgré le silence complice des grands médias, le réacteur n°2 refait des siennes-Olivier Cabanel-Fukushima, quand c’est fini, ça recommence.

A presque un an de la catastrophe, alors que Tepco affirmait sans sourire que les réacteurs étaient « en état d’arrêt à froid  », voila que brusquement le réacteur n°2, celui qui contient du mox, donc du plutonium, refait parler de lui, dans l’indifférence irresponsable des grands médias.

Affirmant tout d’abord qu’il y avait seulement un « défaut de thermomètre », mais démontrant son propre mensonge en augmentant le débit d’injection d’eau dans la cuve du réacteur n°2, Tepco accepte du bout des lèvres de dire qu’il y aurait quelques problèmes à Fukushima. lien

On se souvient qu’en novembre 2011, une première réaction de fission s’était produite sur ce même réacteur, évènement qui n’a pas soulevé beaucoup d’émotion. lien

Depuis mars 2011, selon l’IRSN, les réacteurs accidentés de Fukushima Daiichi sont refroidis par des injections d’eau de l’ordre de 10 mètres cubes à l’heure, et Tepco avait annoncé en décembre dernier que la température des cuves était sous contrôle.

Affirmation à prendre avec quelques précautions.

Au-delà de l’eau injectée, Tepco a aussi utilisé de l’acide borique, ce qui n’est pas une bonne nouvelle.lien

Il est généralement utilisé pour éviter qu’une réaction en chaine ne se produise. lien

Le premier ministre japonais Yoshihiko Noda avait donc fait l’annonce optimiste de « l’état d’arrêt à froid », affirmant sans rire : « les réacteurs sont stables et la seconde phase du plan est achevée  », et que du coup une reprise de la réaction de fission était écartée. lien

L’ASN (autorité de sureté nucléaire) définit ainsi l’arrêt à froid : « la situation d’un réacteur nucléaire à l’arrêt dans lequel l’état du fluide de refroidissement se rapproche de celui qui correspond aux conditions ambiantes de pression et de température ».

Or contre toute attente, ça chauffe grave à Fukushima, obligeant l’exploitant à augmenter l’injection d’eau, en la portant à 13 mètres cubes.

Plus grave, du Xénon a été retrouvé dans l’enceinte de confinement du réacteur n°2, ce qui signifie qu’une réaction en chaîne incontrôlable a eu lieu, et qu’elle est peut-être encore en cours en ce moment. lien

Il faut savoir que les xénons 133 et 135 se créent lorsqu’il y a fission nucléaire de l’uranium. lien

Malgré tous les efforts de l’exploitant, la température continue de monter, et voisinerait les 300°C, ce qui fait craindre aux travailleurs sur place la possibilité d’une explosion. lien

Cela expliquerait l’augmentation constatée de la radioactivité sur le site, passant de 4,45 Mbq/km2 à 98,2 Mbq/km2 pour le césium 134, le césium 137 passant de 6,46 Mbq/km2 à 139 Mbq/km2. lien

Alors qu’à Tchernobyl, suite aux différentes interventions, la situation reste relativement stable, grâce au sacrifice de quelques dizaines de milliers de travailleurs sur l’autel du sacro-saint nucléaire, à Fukushima, rien n’est réglé.

Bien au contraire.

Les alertes se multiplient, et selon la NSC (commission de sécurité nucléaire japonaise), on assiste actuellement à une distribution massive de pastille d’iode, afin de contrer une nouvelle pollution radioactive.

Ces pilules, en saturant la thyroïde, empêchent provisoirement la radioactivité de se fixer dans l’organisme des japonais en danger.

Et puis le danger ne se limite pas au réacteur n°2, elle s’étend au N°3, car celui-ci vient de montrer des signes inquiétants d’activité.

Le 7 février 2012, un panache de fumée s’est élevé au dessus du réacteur détruit. lien et lien

A l’évidence, il ne s’agit pas d’un feu de broussailles, ou de quelques japonais décidés à organiser un barbecue improvisé.

En attendant, c’est officiellement que 573 personnes sont décédées suite à la catastrophe survenue dans la centrale de Fukushima. lien

Sur ce lien, la caméra qui filme en continu les réacteurs endommagés de Fukushima.

Sur Encyclo, le 11 mars, la réalisatrice Marie Linton proposera un reportage inédit « Fukushima : retour en zone rouge  ». lien

Récemment quelques élus français ont pu se rendre au Japon pour constater la gravité de la situation, regrettant qu’ils n’aient pas été très nombreux à répondre à l’appel, tant ce voyage était instructif. lien

L’adjoint au maire de Chinon, Yves Dauge, était du voyage et a déclaré : «  tout ce qui nous a été dit me perturbe beaucoup. A l’avenir, qui va vouloir s »’installer ici ? Quelle entreprise va vouloir investir ?  »

En attendant, au Japon, les pertes financières s’accumulent, et récemment, malgré le soutien massif de l’Etat, lequel a avancé 90% du montant, sans la moindre garantie d’un éventuel remboursement, Tepco a admis une perte de plus de 6 milliards d’euros pour les 3 derniers trimestres de son exercice.

Cette somme, pour importante qu’elle paraisse, n’est qu’une maigre partie des sommes qu’il faudra débourser.

Aujourd’hui encore, au-delà des 100 000 habitants évacués dans le périmètre, largement insuffisant des 20 km autour du site, Tepco évalue à 1,5 million le nombre de japonais qui devront être indemnisés.

Un panel d’expert à évalué à 44 milliards la facture totale nécessaire au dédommagement suite à la catastrophe nucléaire. lien

Tepco envisage de dépenser 10 milliards d’euros pour démanteler un jour les réacteurs hors service, mais l’expérience française, avec le démantèlement de « super » phénix, prouve que ce chiffre sera largement sous évalué.

C’est d’ailleurs une lapalissade, outre les dommages subis, les pertes de territoire, les maladies et les morts imputables au nucléaire, la facture du démantèlement est totalement à revoir.

En 2005, la cour des comptes avait estimé le démantèlement de la centrale de Brennilis à 480 millions d’euros. Aujourd’hui on parle en milliards.

Prudemment EDF aurait provisionné 2 milliards d’euros pour la déconstruction des 58 réacteurs français. lien

Or le site de « super » phénix estimé pour son démantèlement à 900 millions d’euros, en coutera 10 ou 11 milliards, soit plus de 10 fois plus que prévu (lien) et du coup, les 2 milliards prévus pour le démantèlement de tout le parc français paraissent un peu étriqué.

Récemment, la députée européenne Michelle Rivasi, avait estimé le cout de la catastrophe japonaise entre 100 et 500 milliards d’euros (lien) et Tchernobyl, en fin de compte en coutera autant.

Aujourd’hui, entre le prix du kilowatt éolien et celui du nucléaire, il n’y a pas photo : celui du nucléaire étant largement sous évalué, ils sont aujourd’hui tous les deux au même niveau, sauf que, comme le fait remarquer Michelle Rivasi : « à 80 € le MWh, l’électricité produite par l’EPR coûterait le même prix que l’éolien aujourd’hui, mais à choisir, je préfère qu’un avion s’écrase sur une éolienne que sur une centrale nucléaire ». lien

Et si on ajoute à l’équation le prix du démantèlement et celui, hypothétique, du traitement des déchets, il n’est pas difficile de choisir, d’autant que nous sommes dépendants de l’uranium, alors que le vent n’a pas besoin d’être importé. lien

Mais le président actuel du navire « France », droit dans ses petites bottes, continue d’affirmer son soutien au nucléaire français.

A Fessenheim, il s’est félicité des 700 contrôles annuels de l’ASN, assurant que ceux-ci étaient en toute impartialité et transparence, sauf qu’il a refusé que des experts indépendants puissent faire ces visites, (lien) et qu’à tout prendre, 700 contrôles c’est finalement peu, puisque ça ne fait jamais qu’un contrôle mensuel par réacteur.

Avec un peu de recul, on peut aussi s’interroger sur les 750 incidents annuels que nous avons annuellement.

La longue liste des divers accidents ou incidents survenus en France est sur ce lien.

Récemment, la centrale nucléaire de Civaux à connu quelques déboires avec sa tuyauterie (lien) et le 1 février 2012, l’ASN a produit un rapport accablant sur cette installation suite à une fuite de tritiumconstatée dans la nappe phréatique située sous la centrale. lien

On peut aussi se rappeler qu’en 40 ans notre planète a connu 5 accidents majeurs : Three Miles Island, Tchernobyl, et les 3 réacteurs de Fukushima, soit un accident pour 3600 « années réacteurs » comme l’explique le Docteur Bruno Bourgeon, alors qu’on tablait sur 1 pour 100 000. lien

Le 11 mars prochain, à partir de 13h30 les opposants aux nucléaire venus des 4 coins du pays, et d’ailleurs, vont organiser la plus grande chaine humaine jamais organisée en France. Elle ira d’Avignon àLyon et pour y participer c’est sur ce lien.

Il est probable que l’autocrate président n’y participera pas, mais on risque au moins d’y trouver Eva Joly.lien

Quant à Sarközy, il s’est rendu à Bourgoin Jallieu, jouant le« pyromane pompier  », responsable de la faillite de la filière photovoltaïque, et allant plastronner, en compagnie du patron d’EDF, le 13 février 2012, voulant apparaitre comme le sauveur de Photowatt alors qu’il en est le prédateur. lien

Comme me suggère mon vieil ami africain : « le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois  ».

( Copie de mail de Pierre Péguin du 16 février ).

Claude Bourguignon : Où va le monde ?

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Combat Monsanto : Des militants anti- OGM investissent un site de Monsanto dans l’Aude.

Une centaine de militants anti-OGM ont investi lundi à l’aube un site du géant américain Monsanto, à Trèbes, dans l’Aude, et ont vidé des sacs de maïs OGM Monsanto 810, une semence dont ils réclament l’interdiction, a constaté un photographe de l’AFP.

« On demande que le ministère de l’Agriculture prenne un arrêté immédiat interdisant le MON 810. Ils ont fait des déclarations en ce sens il y a deux mois, mais on ne voit rien venir« , a déclaré à l’AFP Jean Sabench, de la Confédération paysanne, qui revendique « une inspection citoyenne du centre de conditionnement de semences de Monsanto« .

Monsanto, a dénoncé Jean Sabench, conditionne des semences OGM pour les distribuer aux agriculteurs, alors que le ministère de l’Agriculture a, selon lui, donné instruction aux semenciers de ne pas livrer de semences OGM MON 810. ( La suite ).

Une immense arnaque d’extrême dangerosité, Iter. ( de Pierre Péguin ).

« Voulez-vous tout savoir ( ou presque..) sur Iter ?

J’ai travaillé ce long texte pour cela, les deux premières pages donnent l’essentiel, la suite permet d’approfondir. »

( Copie de mail de Pierre Péguin ).

Iter texte

Le silence des abeilles.

http://www.dailymotion.com/videox4rmcv

Consternant. Cela me fait penser à un livre de Rachel L Carson : « Un printemps silencieux ».

Cette vidéo est un extrait du film « Le silence des abeilles »de Doug Schultz (2007).

 

Et pour ne pas se contenter de faire des constats alarmants.

 

Incidents nucléaires multiples au Japon.

Sur fond de crise de Fukushima, d’autres sites nucléaires inquiètent. ( La suite ).